FICHE PEUPLES ET IMAGES

AZTEQUES - INCAS - MAYAS d'hier et d'aujourd'hui

Reportage audiovisuel de Claude HERVE


Qui n'a jamais rêvé d'aller en Amérique latine découvrir ses sub-limes paysages, ses Indiens si colorés, ses ruines d'ancien-nes cultures?
Dans la dernière décennie du XXème siècle, Françoise et moi Claude accompagnés de notre fille Manon, nous avons sillonné pendant trois ans cette partie du monde alors que nous faisions un tour du monde à vélo qui a duré 14 ans.

Nulle part ailleurs nous n'avions rencontré de peuples aussi tristes, aussi meurtris par l'histoire. Les descendants de ces peuples mystiques que furent les Aztèques, les Mayas et les Incas nous ont interpellés. C'est pourquoi aujourd'hui nous avons voulu en savoir plus : qui étaient-ils? Que s'est-il passé? Que sont-ils devenus?

Il y a cinq siècles, la découverte du Nouveau Monde bouscule l'équilibre de ces contrées. Peu de peuples ont vécu de tels bouleversements dans leur histoire. Les colonisateurs détruisent complètement ces civilisations. Une culture étrangère, une autre religion, un nouveau langage leur sont imposés.

En nous décrivant la vie de ces Indiens avant l'arrivée des Conquistadors puis les changements qui vont intervenir au fil des siècles jusqu'à nos jours, Claude et Françoise nous brossent un portrait des dures réalités qui ont frappé ces différents peuples.

Quelle énigme se cache derrière la disparition de la civilisation maya?

Cités perdues, effacées de la mémoire des hommes, pendant des siècles, leur nom même fut oublié. Après le temps de leur splendeur, les cités des Mayas connaissent, au IXème siècle, la famine, la guerre, la dépopulation puis l'abandon. La forêt revient. Les racines bousculent les stèles, les jettent à terre, les étreignent. Les branches ébranlent les murs, percent les toits des temples. Une dizaine de siècles plus tard, des voyageurs égarés trébuchent, comme dans un rêve, sur des montagnes de blocs taillés et, à travers le fouillis végétal, découvrent des pierres qui les regardent. Des rumeurs circulent :

Quelles mains édifièrent ces somptueux monuments? Quel est le mystère de la fin de cette culture flamboyante?

En 1519, lorsque les conquistadores espagnols découvrirent la capitale aztèque, c'était une ville extraordinaire qui s'étendait sur 18 km carrés et comptait 100 000 habitants. Le centre cérémoniel se dressait au centre de Tenochtitlan. Sa double enceinte renfermait des temples, des édifices rituels et la résidence impériale. Dominant l'ensemble, le Grand Temple avait une soixante de mètres de haut. Deux petites pyramides jumelles coiffaient le sommet, l'une dédiée à Huitzilopochtli, dieu de la Guerre et du Soleil et Tlaloc, dieu de la Pluie. Les Aztèques vénéraient en priorité ces deux divinités et pratiquaient des sacrifices humains en leur honneur. Autour du Grand Temple s'élevaient d'autres temples dédiés aux dieux du Vent, à celui du Jeu de Pelote, du dieu des Ténèbres. Les prêtres résidaient près du palais grandiose de l'empereur.

Les souverains incas étaient à la tête d'un empire considérable, qu'ils nommaient Tahuantinsuyu, c'est-à-dire Empire des Quatre Directions. Les Incas n'avaient pas d'écriture. Les légendes étaient transmises verbalement.

Ils gouvernaient un pays où l'on ne connaissait ni la roue, ni le fer. Malgré ces handicaps, l'Etat était très organisé et les lois appliquées avec sévérité. Tout crime contre l'Etat était assimilé à un crime contre le Sapa Inca et donc, contre le Dieu-Soleil. Les prisons n'existaient pas. La première incartade était punie par un sermon. La seconde fois, le coupable pouvait être pendu, lapidé ou précipité du haut d'une falaise. Etait puni de mort celui qui avait tué, volé, cambriolé un entrepôt d'Etat, endommagé un pont ou pénétré dans la chambre d'une femme choisie. Les paresseux étaient punis de la même peine. Les classes supérieures étaient châtiées plus durement que les paysans, car on attendait d'elles une conduite irréprochable.

La société inca était comparable à une pyramide. A chaque niveau de la hiérarchie, les Incas devaient obéir à ceux placés immédiatement au-dessus d'eux. Les Incas eurent l'une des sociétés les mieux organisées et les plus disciplinées qui aient jamais existé.

Au Moyen Age, en Europe, un sac de poivre valait plus que la vie d'un homme, mais l'or et l'argent étaient les clés employées par la Renaissance pour ouvrir les portes du paradis au ciel et celles du mercantilisme sur terre. Le pouvoir européen s'étendait pour dominer le monde entier. Cortés avait pour adage : "la fortune sourit aux audacieux". Seuls Colomb, Davila et Magellan eurent leurs expéditions prises en charge par l'Etat, les autres qui suivirent eurent leurs aventures financées par des armateurs privés et non philanthropes.

L'or et les richesses étaient l'unique but des conquistadores. Tous étaient obnubilés par la vision de villes couvertes d'or. Le mirage de la "colline ruisselant d'argent" devint réalité en 1545 avec la découverte de Potosi.

Tous cherchaient l'Eldorado. Nombre d'entre eux furent décimés par la faim, la maladie ou les indigènes. Pourtant il y avait de l'or et de l'argent en grandes quantités, accumulées dans les entrailles du plateau de Mexico et de l'Altiplano andin. En 1519, Hernan Cortés révéla à l'Espagne l'ampleur du trésor aztèque de Moctezuma. Quinze ans plus tard arriva à Séville l'impressionnante rançon – une pièce remplie d'or et deux autres d'argent – que Francisco Pizarro avait reçu de l'empereur inca, Atahualpa, avant de le tuer.

Les touristes adorent photographier les indigènes de l'Altiplano avec leurs costumes typiques, mais ils ignorent que ces derniers leur furent imposés par Charles III à la fin du XVIIIe siècle. Les vêtements féminins que les Espagnols obligèrent les Indiennes à porter étaient calqués sur les costumes régionaux des paysannes d'Estrémadure, d'Andalousie et du Pays Basque, de même que la coiffure divisant les cheveux par une raie centrale fut ordonnée par le vice-roi Toledo.

Nous finirons ce reportage en parlant de l'Amérique Latine d'aujourd'hui, pillée par les multinationales occidentales, gouvernée par une classe dirigeante qui ne cesse de s'enrichir au détriment de son peuple. Combien de temps encore les rares descendants de ces civilisations brillantes paieront-ils le prix de leur défaite? Une faible lueur, pourtant, semble luire avec l'arrivée au Brésil d'un président issu des plus pauvres et qui contrairement à ses prédécesseurs semble vivre et gouverner pour le bien-être de son peuple. Espérons que la contagion gagnera les autres pays de ce continent afin que le sourire revienne aux yeux de ses habitants.

© Claude Hervé - Peuples et Images ©